2030 : portrait d’un papy-boom

Le 1er octobre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié une série de recommandations pour que les villes soient plus conviviales et sécuritaires pour les aînés. Il en est ressorti le Guide des villes amies des aînés, dont Sherbrooke fait partie. Selon Marie Beaulieu, du Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, « si le processus est bien amorcé, beaucoup reste à faire ». Si l’on en croit le guide et les spécialistes, d’ici 2030, les villes devraient s’être adaptées aux nouvelles réalités. Des passages pour piétons où le laps de temps pour traverser sera plus long côtoieront les passerelles et les passages souterrains. Des toilettes publiques et davantage de bancs joncheront les artères des villes. Ce sera le paradis des escaliers mécaniques, des ascenseurs et des surfaces antidérapantes. Les portes des maisons et les couloirs s’élargiront, les seuils surélevés disparaîtront. Barres d’appui, bancs de douche et toilettes surélevées deviendront choses communes dans les salles de bain. Plusieurs villes font déjà des efforts dans ce sens. Pour Anne-Marie Drolet, directrice montréalaise de la Fédération de l’Âge d’Or du Québec, la métropole a été longtemps en retard mais elle note « l’ouverture des autorités en place ». Elle donne l’exemple du travail fait par la Société de transport de Montréal (STM) pour développer des services de navette entre des secteurs où la population est plus âgée et les points d’intérêt comme les commerces, les centres culturels… Des stratégies du genre devraient se multiplier dans les années à venir. Le vieux Québec Le Québec connaît un vieillissement de la population parmi les plus rapides de la planète. Dans moins de 30 ans, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans aura doublé. Si les aînés représentent aujourd’hui 14 % de la population, ils seront 27 % en 2030, estime Hervé Gauthier, démographe à l’Institut de la statistique du Québec. L’âge médian passera ainsi de 39 ans aujourd’hui à 47 ans en 2030. « Les groupes d’âge appartenant aux générations du baby-boom demeurent les plus nombreux dans l’ensemble de la population et, selon l’évolution prévisible, ils vont le demeurer jusqu’à un âge avancé », explique-t-il. Bientôt, il y aura « une personne âgée pour un jeune », ajoute M. Gauthier. Il souligne aussi que les aînés vivront encore plus vieux : la population des 85 ans et plus pourrait être multipliée par six au cours des 50 prochaines années. Le démographe affirme que « les préoccupations et les besoins des aînés vont donc accaparer l’attention de la société. » « Le vieillissement de la population aura quelques conséquences désagréables », selon Jacques Henripin, fondateur du Département de démographie de l’Université de Montréal. Les aînés deviendront « un poids financier » pour les 18-65 ans. Les pensions publiques et la santé seront deux secteurs à réformer, car « le système actuel sera non viable », explique-t-il. Des solutions ? M. Henripin parle entre autres d’une révision de l’âge de la retraite et d’une présence accrue du privé. D’après lui, « peu importe les options, les autorités devront agir ». Autre inquiétude : les aînés ont l’habitude de moins dépenser que les jeunes. Crise économique en perspective ? « Non », répond Sylvie Jean de l’Institut de la statistique du Québec, « les personnes âgées de demain souhaiteront continuer de consommer et ne voudront pas modifier leur mode de vie de baby-boomers ». Mamy-boom Il sera nécessaire de prendre soin de cette nouvelle génération d’aînés. C’est du moins ce que pense Louis Plamondon, responsable du certificat de gérontologie de l’Université de Montréal. Il s’inquiète principalement de la condition des femmes. « Elles sont plus nombreuses, davantage fragilisées économiquement, plus isolées et ont une longévité plus grande. » D’ailleurs, on devrait plutôt mentionner le phénomène du mamy-boom, puisqu’il y aura plus de femmes aînées que d’hommes – en 2001, il y avait 142 femmes pour 100 hommes au Québec, selon les données fournies par l’Institut de la statistique du Québec. Que se passera-t-il après 2030 ? Les données de l’Institut de la statistique du Québec prévoient une décroissance de la population québécoise. En effet, les taux d’immigration et de natalité ne seront pas suffisants pour stabiliser la population. Le boom de natalité des années 1950 aura donc laissé des traces dans la société québécoise. Du début… à la fin. Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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