Aide jetable

Avant leur départ, les jeunes coopérants sont bien encadrés et formés. Mais à leur retour, l’ONG qui les a recrutés en est déjà à préparer ceux qui vont les remplacer. Le coopérant fait alors face, seul, aux aléas de la réinsertion. Annie Lord, auteure de Prendre le temps d’atterrir, carnet de retour de l’étranger, traite de ce problème. Elle explique que le coopérant qui revient fait face à une jungle : « C’est long, revenir. Le jeune coopérant est seul aussi pour réintégrer un rythme de fou. Son entourage vit déjà sur ce rythme-là et peut difficilement comprendre. » Véronique Caron-Bossé est partie quatre mois en Amérique du Sud et a trouvé le retour particulièrement difficile. Elle est passée par six mois de dépression. « Tu te construis un moule dans lequel tu es confortable, et comme on change beaucoup dans un voyage comme ça, au retour tu réalises que tu ne rentres plus dans ton moule. » Elle explique que sa vie ne correspondait plus à ses valeurs, ses amitiés non plus. C’est ce sentiment d’isolement qui a amené Mme Lord à écrire son livre, publié aux Éditions Septembre. L’ouvrage se veut un guide pour la réinsertion des coopérants globetrotters. Après avoir remarqué du désarroi chez plusieurs d’entre eux, elle explique que son idée « est de faire quelque chose pour faciliter le retour, offrir aux individus un outil pour s’aider dans ce processus ». Elle refuse pourtant de jeter la pierre aux ONGs : « Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est une question de système, parce que l’aide est régie par une exigence de résultats. » UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE COMME LES AUTRES Depuis 1996, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a choisi d’axer davantage sa gestion sur les résultats. Principal bailleur de fonds pour l’aide publique au développement, l’ACDI attribue les subventions aux différentes ONGs qui envoient des coopérants à l’étranger. Bernard Foucher, consultant en formation qui oeuvre dans le domaine de la coopération internationale depuis 1978, rappelle qu’il s’agit d’une grande tendance chez tous les bailleurs de fonds, de la Banque mondiale au ministère des Relations internationales du Québec. Il explique par ailleurs que ces bailleurs de fonds demandent des résultats concrets et que « les coopérants ne font pas partie de ces résultats », ce qui laisse peu de marge de manoeuvre aux ONGs pour pouvoir les soutenir. Par le passé, des associations de jeunes volontaires offraient, via les ONGs, un soutien au retour, mais M. Foucher rappelle qu’il n’existe aucune organisation de ce genre aujourd’hui au Québec. Pour Annie Lord, cette exigence vient de la nature même de l’aide publique au développement : « Le développement international, c’est un système économique, il ne faut pas se leurrer. Il est géré comme une entreprise et il doit y avoir un profit, financier ou autre. » Même si cela doit passer par le largage brutal de voyageurs de l’aide qui, à leur tour, pourraient en avoir besoin. Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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