Chronique : Kouchner ou la folie du pouvoir

Avec ses déclarations publiques, Kouchner apparaissait sûr de lui-même, maître du destin du monde. C’est un homme solide qui prévoyait l’avenir. Bien loin de l’image qu’il avait donné à Bruxelles lors de la première rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Lors d’une conférence de presse, le chef de l’État français lui demandait de le rejoindre sur l’estrade. Et le Ministre s’exécuta comme un chien. Pourquoi le nier ? Il faisait pitié Kouchner à ce moment-là. Pendant que celui qui venait d’être élu avec plus de 53% parlait aux journalistes, lui, l’ancien « French doctor » restait debout, derrière, laissant (à son insu) montrer qu’il ne savait pas comment passer le temps. Quelle humiliation ! Il ne pratiquait plus l’ouverture, mais devenait un rallié par intérêt : peu importe les convictions, seul comptait le portefeuille. Un véritable traître ! Non envers sa famille politique, mais envers l’image qu’il avait incarné pendant toutes ces décennies. Il montrait – certainement malgré lui – qu’il était prêt à n’importe quelle concession pour être sous les feux des projecteurs. Et avoir le pouvoir l’a rendu fou. Bien plus que Nicolas Sarkozy dont on attend encore le premier dérapage sérieux : la première perte de sang froid que les cameramen (professionnels, amateurs ou citoyens) prendraient en flagrant délit. C’est donc dans la folie qu’allait sombrer le Ministre français des Affaires étrangères au lieu de s’occuper véritablement du Darfour ou des otages des FARC en Colombie. Certes, il était attendu pour faire le bien, pour montrer qu’une justice existe en ce bas monde. Mais ce n’est pas pour autant qu’il devait se plier à l’expression abominable : « qui veut la paix prépare la guerre ». Et c’est par l’intermédiaire de la radio que le Ministre annonçait qu’il allait falloir se battre bientôt. Se prenait-il pour le Général de Gaulle, le dingue ? La cause n’est quand même pas la même. Ses déclarations étaient irresponsables. L’avalanche des réactions négatives qu’elles ont déclenché le prouvent. Et un Ministre qui envisage la Guerre alors que le Président et lui ne sont pas au pouvoir depuis moins de deux cents jours ne doit-il pas démissionner ? Surtout que Kouchner est, quatre ans après et en simple Ministre, en train d’imiter le Président Bush de 2002/2003 ! Quand l’un de ses Ministres sombre dans la folie, le Président se doit de le renvoyer « fermement ». Qu’autrefois il ait été « remarquable » ou non. Le manque de responsabilité au pouvoir est « inacceptable ». Ceux qui nous soignent – sans frontières ou sur le territoire national – n’ont pas à nous tuer, ni tuer nos soldats par narcissisme !

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