Chronique : Tchad : Idriss Deby Itno, une victime

Il est né, Idriss Deby, en 1952 à Berdoba près de Fada, il ne s’agit pas de Fada au Burkina Faso, mais Fada du Tchad, il est membre de l’ethnie Zaghawa, proche de l’ethnie Toubou. Il est président du Tchad depuis le 1er décembre 1990, date à laquelle il a chassé du pouvoir, avec l’appui de la France, son ancien compagnon d’armes Hissène Habré après une période de lutte armée à partir du Soudan. Dans l’objectif d’avoir les plus Grandes faveurs ancestrales, Idriss Deby prend le nom de son Grand père et devient Idriss Deby Itno. Réélu le 3 mai 2006 pour un troisième mandat avec 64,67 % des suffrages exprimés. Selon la presse internationale, le fils d’Idriss Deby Itno, Brahim Deby, qui était destiné à la succession de son père au pouvoir, est assassiné le 2 juillet 2007 en France, à Courbevoie. Une excellente biographie d’Idriss Deby Itno peut-être consultée à Afrique Express. Le samedi 2 février 2008, Idriss Deby Itno était encerclé par une bande de rebelles pro-soudanais dans la capitale tchadienne. N’Djamena attendait, toute fébrile, une confrontation entre armée et rebelles, a rapporté Jeune Afrique, l’Intelligent. Pourquoi n’a-t-il pas quitté le palais rose pour une destination africaine ou française ? Est-ce une expression de ses qualités militaires ? Idriss Deby, va-il perdre son fauteuil ? Telles sont des questions qui méritent des réponses. La rébellion contre Itno Dans son article Deby Itno contre Deby Itno, paru à J.A., Christophe Boisbouvier soulignait que l’opposition non armée avait appelé au boycottage de la présidentielle du 3 mai prochain. Les rebelles font tonner le canon dans l’est du pays. Le chef de l’État sortant fait front. Le 3 mai (2006) prochain, on va voter au bruit du canon, disait un commerçant de N’Djamena sur un ton désabusé, avait rapporté Jeune Afrique, l’Intelligent. Voici un extrait de Faso presse, qui elle-même la tient de Le Monde et de l’AFP : « ….Plus grave, son clan se lézarde à la faveur de la guerre civile qui embrase le Darfour voisin. Son entourage lui reproche de ne pas soutenir ses « frères » zaghawa de la province soudanaise. Le malaise gagne l’armée et, en mai 2004, le pouvoir du président, que l’on dit gravement malade, vacille sous le coup d’une tentative de coup d’État militaire. A partir d’octobre 2005, les désertions d’officiers et les défections de proches s’accélèrent et vont grossir les rangs d’une rébellion de plus en plus menaçante, qu’il accuse le Soudan d’armer. Malade et fragilisé par un conflit qui l’oppose à la Banque mondiale sur la gestion des pétrodollars, Idriss Deby échappe à un nouveau coup d’État le 14 mars qui sera suivi d’une nouvelle tentative des rebelles qui échoueront aux portes de N’Djamena en avril. Ce n’est que partie remise, la rébellion installée au Soudan s’organise et de vient de plus en forte. Des combats, auxquels il participe, font des centaines de morts en novembre et en décembre 2007 avec les différentes factions dans l’est du pays. Celles-ci concluent une alliance en décembre et réussissent, à partir de leur bases soudanaises, à traverser le Tchad et en cinq jours d’est en ouest pour investir N’Djamena, la capitale symbole du pouvoir » Qui veut déloger Itno du palais rose et pourquoi ? Depuis les rééditions militaires dans son propre camp, le président tchadien, tantôt déjouant un assaut sur N’Djamena, la Capitale, tantôt dénonçant avec virulence l’implication de son homologue, Omar El Béchir du Soudan, dans la guerre qui l’oppose aux factions rebelles en quête de son pouvoir, Fauteuil présidentiel devenu juteux depuis que l’Or noir coule du Tchad au Cameroun voisin. Il est clair que les ennemies d’Idriss Deby Itno viennent de l’intérieur comme de l’extérieur : il s’agit du Soudan en la personne d’Omar El Béchir en complicité avec l’empire chinois. Il s’agit de Deby lui-même, qui dans sa mauvaise gestion a fini par créer une atmosphère difficile à gérer et dangereux pour lui-même et les ses proches. Mais peut-on reprocher à un homme qui a pris le pouvoir de mal gérer son pays alors que le pouvoir a toujours été conquis au Tchad par les armes. Curieux, le pouvoir au Tchad vient toujours du Soudan. Deby pourra-il démontrer le contraire à Omar El Béchir ? Déloger Deby revient à changer le contrat d’exploitation de l’Or noir
tchadien. Les rebelles étant soutenues par le soudan dont 85% du pétrole s’exporte vers la Chine, il est clair que la Chine, au vue de ses besoins énergétiques, a crucialement envie de mettre son grappin sur le pétrole du Tchad. Si Deby quitte le pouvoir, l’Or noir tchadien ne va plus couler vers le Cameroun mais vers le Soudan. L’objectif de la chine est d’obtenir du pétrole mais celui d’Omar El Béchir est de se venger de l’Homme qu’il avait aidé et soutenu contre son ancien ami, Hissène Habré, lui-même compagnon d’arme de Deby Itno. La France souffle le chaud et le froid pour faire partie du consortium qui exploite le pétrole tchadien, un consortium jusqu’à présent américain et malaisien. Comment Itno a-t-il osé défier la Françafrique en excluant les firmes françaises de son juteux butin de guerre ? Deby a-t-il oublié les années 1989 lorsqu’il était dans le maquis ? Lorsqu’il ne portait pas de beaux costumes. Le faite que Deby est assiégé donne du crédit à tout chantage de la part de la France. Qu’est ce qu’un homme assiégé ne donnera pas pour éviter la honte à l’africaine ? Tout. Il est clair que la France n’a pas intérêt que Deby soit délogé du palais rose, elle a juste besoin qu’il comprenne que sans la France, Deby n’est rien. La potion politique des hommes d’affaires français fera de nouveau ses preuves aux jeux de la communauté internationale, et contre la volonté des peuples africains. Deby n’a pas intérêt à quitter le palais rose, car il sera probablement déféré comme Hissène Habré devant les tribunaux internationaux. Il a sûrement peur du syndrome Taylor. Je pense que tous les dictateurs africains craignent ce syndrome. Les puissances étrangères et l’Or noir tchadien Trois puissances étrangères sont en jeux au Tchad, il y’a la France, qui ne faisant pas partie du Consortium pétrolier qui exploite au Tchad utilise la voie du chantage pour s’insérer. Il y’a le Soudan en complicité avec l’empire pékinois. Enfin, nous avons les États-Unis qui peut-être soutienne Deby Itno, étant donnée leur présence dans le consortium. Il s’agit, probablement, encore d’un combat France/USA pour du pétrole africain. Il est certain que Deby restera au pouvoir, mais pas pour servir le Tchad, ni lui-même, mais juste pour servir des intérêts internationaux, et lorsqu’il deviendra inutile, comme Mobutu, il sera simplement jeté, si possible piétiné dans les rue de la belle N’Djamena. Idriss Deby Itno est victime des pétrodollars. Les choses étaient beaucoup plus calmes avant la découverte de l’Or noir tchadien. Qu’il s’en aille ou non, cela ne changera en rien le bien être des tchadiens et tchadiennes. Tant mieux pour lui s’il peut rester encore longtemps. Une chasse illégitime aux dictateurs Le fait que les populations africaines cherchent à renverser leurs dirigeants à la moindre occasion peut être analysé en deux points : Le premier est que la plupart des pays sont sous dictature. Je suis donc d’accord avec la plupart des analyses qui soutiennent une opposition virulente aux dictatures africaines avec leurs argumentations, en général, alignées sur celles de la communauté internationale, communauté internationale qui n’oblige point, l’école irakienne nous l’a déjà enseigné. Cependant, ces dictatures sont voulus par certains pays occidentaux car elles permettent de rendre nos présidents indésirables à nos yeux, et de maintenir la pression sur eux pour piller les abondantes ressources africaines que sont les minerais et les hommes qualifiés que nos économies ont mis tant d’années à former et qui constituent une main d’œuvre moins chère pour les pays riches car ces pays n’ont rien investi dans leur formation. Ce que les africains doivent faire pour corriger le système, c’est d’adopter la démarche contraire, c’est-à-dire ne pas chercher systématiquement à destituer les dictateurs mais les corriger pour qu’ils adoptent de bons comportements, peut-être même aller jusqu’à garantir une non poursuite après avoir quitté le pouvoir. Qu’adviendra-il si on disait à un dictateur qu’il ne sera pas poursuivi s’il quitte le pouvoir ? Je suis convaincu que l’on fini par se lassé par plusieurs années de pouvoir comme on fini par se lassé d’une femme ou d’un homme. La démarche que je propose n’est pas synonyme de faiblesse, vérifiez vous-même que l’ancien président Ivoirien, feu Félix Houphouët-Boigny, était un dictateur, mais la Cote d’Ivoire avait bu l’eau dans le Saint Graal sous son régime. Combien d’ivoiriens souhaitent encore que leur idole soit aujourd’hui en vie ? Le syndrome Taylor est une mauvaise chose pour l’Afrique car il ne permet pas à certains dictateurs qui, fatigués par l’exercice du pouvoir, ne peuvent oser quitter ou instaurer une vraie démocratie qui conduirait à la perte de ce pouvoir temporel, à l’idée des futures poursuites devant des tribunaux internationaux. Une étude doit être faite pour situer les responsabilités avant de juger les dictateurs, car il est certain que les responsabilités sont partagées entre les peuples africains et leurs dictateurs d’une part, et l’occident d’autre part. Je n’encourage pas les dictatures en Afrique, mais si les peuples tchadiens sortaient dans la rue pour soutenir Idriss Deby Itno, quel intérêt aura-t-il à rester longtemps au pouvoir ou à ne pas développer le pays ? La chasse au Dictateur renforce la Dictature dans le mauvais sens. Je suis d’accord avec ceux qui militent en faveur de l’installation des contrepouvoirs dans les pays dits sous dictature. Démocratie versus optimum optimorum Je pense que cette chasse aux dictateurs instaurée par l’occident ne sert que ses propres intérêts. Il est inutile de remplacer une dictature par une autre. Il est toujours inutile de renverser une dictature…sauf sous certaines conditions (ex. Le Mali nous l’a suffisamment enseigné). La France et la communauté internationale viennent de le comprendre, par leur soutien officiel au régime d’Idriss Deby Itno qui vient de mettre les rebelles soudanais en déroute dans la belle N’Djamena. Idriss Deby Itno est, par ailleurs, l’artisan du multipartisme actuel au Tchad, ce qui mérite d’être apprécié. Les efforts fait par Itno doivent être appréciés à leur juste valeur, celle que le Tchad est une jeune démocratie, une démocratie en progrès vers un idéal de long terme voulu par les tchadiens et tchadiennes. Toutes les démocraties dans le monde sont d’ailleurs des optimums de second rang au sens du concept de démocratie lui-même. Il n’existe point d’optimum optimorum en démocratie, ni dans tous les domaines en dehors de la théorie de la démocratie. Une théorie qu’il reste à préciser, tant les droits des individus font ombre à leurs devoirs qui sont aussi importants pour l’instauration d’une vraie démocratie. Évitons tous de tomber dans l’idyllisme démocratique… La théorie du Club reste valable pour tous les processus démocratiques, en Afrique comme en Occident. C’est parce que les occidentaux vivent relativement bien que personne ne se plaint, mais qu’ils comparent leur niveau de vie à celui de ceux qui dirigent les firmes multinationales, qui s’offrent des plaisirs dorés inaccessibles aux prolétariats des entreprises que ce soit en Afrique ou en Occident. Selon certaines théories de la Conspiration, la démocratie aurait été vidée elle-même de son contenu. Il ne s’agit plus d’épouser un model démocratique, mais de construire soi-même sa propre démocratie. La démocratie est un processus. Il est inconcevable de l’imposer aux autres. Les valeurs universelles doivent être adoptées et non imposées. Idriss Deby Itno n’est pas un petit soldat de rang En effet, SE Idriss Deby Itno est un Grand militaire, il savait que quitter N’Djamena était synonyme de perdre le pouvoir au Tchad, alors ce militaire tchadien d’expérience, stratège fin, se terra au palais rose et attendit le bon moment pour mettre les imposteurs, les malhonnêtes, les traitres des peuples africains en déroute vers leur complice arabo-soudanais. Depuis cette libération, la capitale tchadienne reprend petit à petit vie. Outre la présence des militaires français du dispositif Epervier, les troupes de l’Eufor de l’EU vont bientôt se déployer bien que le doute sur leur impartialité soit mis en exergue par certains chefs rebelles opposés au pouvoir clanique des Itno. Le pouvoir au Tchad ne viendra plus du Soudan, SE Idriss Deby Itno en a décidé ainsi. Qu’Omar El Béchir l’admette ou non, les Dieux africains en ont décidé ainsi. Nos Dieux sont favorables à SE Idriss Deby Itno, Général de l’Armée nationale tchadienne (ANT), Président de la République du Tchad.

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