Crise économique sur Second Life

Lors du congrès de Second Life, qui se tenait à la fin août à Chicago, le président de Linden Lab, Philip Rosedale, faisait preuve d’un grand optimisme. « Second Life est encore tout petit par rapport à ce que ça va devenir. Je prédis que l’univers de Second Life va devenir plus grand que le web lui-même. » Philip Rosedale croit plus que jamais en son monde virtuel, malgré les événements fâcheux qui l’ont plongé dans la tourmente. En avril 2007, des enquêteurs du FBI inspectent les casinos, à la demande de Linde Lab. À la fin juillet, la société décide d’interdire les paris et les casinos afin d’être en conformité avec les lois américaines. Certains joueurs jugent cette décision aberrante, car plus des trois quarts des neuf millions de résidents de Second Life ne sont même pas citoyens américains. Ils crient à l’injustice, accusant Linden Lab de leur extirper un moyen de se procurer des Linden-dollars (L$), la monnaie fictive locale. Faire de l’argent est l’une des principales activités dans ce monde virtuel. Et comme tout s’achète et se vend, certains joueurs ont amassé des milliers, et parfois même des millions, de Linden-dollars. Ils peuvent à tout moment les échanger contre de vrais dollars américains – un dollar américain vaut environ 350 L$, au cours actuel. Des centaines de milliers de dollars perdus La fermeture des casinos et l’annonce par la bourse virtuelle World Stock Exchange (WSE) du vol de 3,2 millions de L$ par un de ses anciens employés ont causé la panique de milliers d’utilisateurs. Beaucoup ont voulu retirer leur argent d’une des principales banques virtuelles de Second Life, Ginko Financial. Or, celle-ci n’avait pas assez de liquidités pour satisfaire toutes les demandes de retrait. Elle a fait faillite, mais a promis de tout faire pour rembourser les 750 000 dollars américains qu’elle doit à ses 20 000 clients. Michel Leblanc, associé principal de l’entreprise montréalaise Analyweb et observateur attentif de Second Life, relativise l’événement : « Des banques font faillite dans le monde normal et cela ne fait pas un drame. Ginko Financial est une entreprise virtuelle, c’est la seule différence. » La banque a cependant bien profité de son statut particulier. Elle proposait à ses clients un incroyable taux d’intérêt, de l’ordre de 50% par an. Selon le consultant en création de sites Internet, Frédéric Cavazza, sa faillite est étroitement liée « à l’immaturité du système économique de Second Life ». « Ce monde virtuel est comme le Far West : dangereux, mais terriblement attractif, car il a un potentiel énorme, en grande partie conditionné par une liberté totale. », explique-t-il. La liberté – virtuelle – avant tout « Régir l’économie de Second Life la rendrait beaucoup moins attrayante », souligne M. Cavazza. Pourtant, l’absence de règles précises pour encadrer cette économie qui génère des millions de dollars inquiète. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a lui-même déclaré en janvier dernier, lors du forum de Davos, qu’il allait se pencher sur la question, si le phénomène prenait plus d’ampleur. Malgré les derniers événements, Linden Lab ne semble pas du tout disposée à établir des règles économiques plus strictes. « Second Life est un jeu et non pas une démocratie. Ce sont les règles du marché qui doivent s’appliquer tout simplement. Des règles plus strictes ne sont pas nécessaires », explique M. Leblanc. Pour redorer son blason, la société américaine préfère miser sur un nouveau filtre de sécurité. Les utilisateurs sont invités à transmettre, à des fins de vérification leurs noms, âges et domiciles réels. S’ils ne le font pas, ils n’ont plus accès à la zone interdite aux mineurs, cette partie du monde où sont accessibles des contenus pornographiques et des jeux d’argent. « Grâce à ce système, les résidents seront plus en confiance et en sécurité au sein de notre communauté virtuelle », déclarait dans un communiqué Robin Harper, la vice-présidente de Linden Lab. Malgré tout, plusieurs utilisateurs restent sceptiques et annoncent même la fin prochaine de Second Life, point de vue que Michel Leblanc ne partage pas du tout. « Ridicule ! Beaucoup avait aussi enterré la télévision, la radio et même les blogues. Comme les autres, Second Life va perdurer, car c’est un jeu encore pertinent pour l’expérimentation 3D notamment. » Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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