Des cercueils biodégradables

On estime la production mondiale quotidienne de cercueils à 360 000 unités, et puisque ceux-ci nécessitent un arbre par unité, ce ne sont pas moins de 31 536 km² par an de forêt qui sont détruits. Pour chaque vie perdue, un arbre est abattu. Un parallélisme probablement en phase avec notre société consumériste et encore bien peu écologique, comme s’il fallait marquer la nature au fer rouge pour chaque humain disparu. De ce constat, un nouveau type d’approche se pose : des entreprises proposant des cercueils écologiques, biodégradables, font leur apparition. En acceptant le retour du corps à la nature, il s’agit finalement de considérer la mort comme une étape de la vie. Au Royaume-Uni et en Australie, « des cérémonies funéraires alternatives, se déroulant dans des parcs funéraires, et où les défunts sont représentés par des arbres que l’on plante, plutôt que par des pierres tombales, se pratiquent de plus en plus régulièrement », indique Pierre Sylvestre, un des fondateurs de la société. Fumer les maïs par les racines La firme Arteus-Europa propose depuis 2004 plusieurs produits en accord avec ces idées. Ainsi, on peut trouver des cercueils en fibre de cellulose (matériau biodégradable réalisé à partir de papier, de fibres de bois, de chiffon et de carton), mais aussi des urnes funéraires fabriquées à partir de maïs : « La fibre de cellulose (…) permet toutes les formes et toutes les couleurs : du vert au bleu, en passant par le rouge-orange. Ces cercueils correspondent aux normes en vigueur dans la profession. Ils respectent les recommandations de la Fédération des entreprises de pompes funèbres et peuvent être utilisés pour la crémation et l’inhumation », précise monsieur Sylvestre. Si certains sont convaincus, on peut évidemment constater une certaine réticence dans les mentalités, principalement du côté des entreprises de pompes funèbres. Les cercueils écolos sont moins chers que les traditionnels, et la dimension économique y est sûrement pour beaucoup dans ces circonspections. Espérons une longue vie (façon de parler) à cette alternative funéraire qui fera certainement encore des émules. Cet article a été publié sur le site du Journal Europa

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