Françoise David au Mali : Une chef coopérante

BAMAKO – « Je vous donne un mois et je ne vous demande pas de salaire. Si ça peut vous être utile vous me le dites, sinon, tant pis. » C’est par cette formule adressée à deux ONG québécoises qu’a commencé l’aventure coopérative de Françoise David. En 2001, après la fin de son troisième mandat à la présidence de la Fédération des femmes du Québec, elle passe à l’action. « Il était devenu clair que je voulais vivre une expérience au niveau international », explique-telle. Après avoir réitéré l’expérience avec l’ONG Solidarité-Union-Coopération (SUCO) en 2004, elle est de retour au Mali pour donner une formation de quatre jours sur l’autonomie et la prise
de pouvoir au féminin. « Le but est d’aider les Maliennes à briser les
obstacles qui sont devant elles pour atteindre l’égalité dans la prise de parole, les droits et la sphère économique. » Vous avez-dit équité ? Plusieurs des obstacles au développement sont des sujets tabous, selon Françoise David. Les tâches ménagères sont, par exemple, assurées entièrement par les Maliennes qui doivent, en plus, s’occuper de leurs 6,8 enfants en moyenne. « On organise des cours d’alphabétisation, mais les femmes n’ont même pas le temps d’y aller. Il faut donc convaincre les hommes d’arroser le potager pendant que les femmes sont en formation. Dans certaines régions les hommes le font, dans d’autres ils refusent. » D’après Mme David, la situation économique désastreuse de l’Afrique et la lenteur du processus d’émancipation de la femme sont le résultat de décisions politiques « scandaleuses », comme le très controversé projet d’ « Accords de partenariat économique
 » (APE), permettant de libéraliser les échanges économiques entre
l’Union européenne et les pays africains. Il fut vivement critiqué par ces derniers lors du sommet UE-Afrique de Lisbonne en décembre 2007. Coopération ou capital politique ? Cette présence de Françoise David sur le terrain des grandes questions internationales lui apporte-t-elle un bénéfice politique au Québec ? « Bien sûr ! », répond Irénée Rutema, consultant en
communication politique à Québec et ancien professeur de science politique au cégep de La Pocatière. « Spécialement en tant que chef de file du mouvement altermondialiste au Québec. Les bénéfices sur son électorat seront probablement plus visibles au niveau des jeunes qui, au Québec, s’intéressent aux questions
internationales autant, sinon plus, qu’aux questions nationales. » M. Rutema nuance tout de même la portée d’une telle action, ne croyant pas que la mondialisation sera un enjeu majeur lors de prochaines élections. « Avec la menace de la crise économique
américaine, les accommodements raisonnables et la question de
la privatisation du système de santé, les questions de coopération ne représenteront aucunement un domaine déterminant. » En 2008, la situation des femmes au Mali demeure précaire, comme dans plusieurs pays subsahariens. Malgré l’urbanisation massive des dernières années, le Mali reste un pays pauvre, avec 91 % de la population vivant avec moins de 2 $ par jour en 2005. Moins de
12 % des femmes savent lire et écrire, la polygamie y est monnaie
courante et l’excision pratiquement systématique (91 % des femmes). Sources : Banque mondiale, quotidien L’Essor Photo : yulbuzz_tv, FlickR.com Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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