Katyn, ou le culte du passé

C’est à un gros morceau de l’histoire de la Pologne qu’a choisi de s’attaquer le réalisateur Andrzej Wajda dans son dernier film, sorti en novembre, Katyn. Le nom d’une forêt biélorusse perdue quelque part à l’Est, où furent exécutés en mars 1940 environ 20 000 officiers polonais. Le film raconte leur histoire, surpris par l’attaque de l’armée rouge en 1939, arrêtés et déportés à l’Est. Sur ordre spécial du Kremlin, décision est prise de les liquider. Parmi eux, une partie de l’intelligentsia polonaise : médecins, enseignants, mais aussi officiers de carrière et policiers. Wajda restitue le massacre, 20 000 prisonniers à qui on loge une balle dans la nuque, avant de balancer les corps dans des fosses communes. Wajda dépeint alors avec beaucoup d’habileté la découverte du charnier par les nazis en 1943. Et la partie de tennis à laquelle se sont livrés les propagandistes russes et allemands, s’accusant mutuellement d’être l’auteur du massacre. Avec l’occupation de la Pologne par les soviétiques en 1945, Katyn devient un sujet tabou. La police persécute ceux qui osent prétendre que les Russes ont commis pareil crime. En 2007, un professeur de l’université de Varsovie, achevant un cours sur Katyn, confesse d’ailleurs à ses étudiants : « Si j’avais donné un cours sur ce sujet avant 1989, j’aurais perdu mon job le lendemain et j’aurais sans doute eu de gros ennuis avec la police. » Promotions posthumes Si la vérité a pu être rétablie et reconnue par le pouvoir russe après 1990, Katyn reste une énigme. Les motifs du crime restent obscurs et une partie des archives n’a toujours pas été rendue publique. Le film de Wajda n’a donc rien d’anachronique et s’inscrit dans le véritable culte que les Polonais vouent à leurs héros passés. A l’occasion des cérémonies du 11 novembre, qui est un jour de fête nationale en Pologne, de nombreuses personnes arboraient un brassard rouge et blanc sur lequel on pouvait lire : « Je me souviens de Katyn ». Au terme d’une commémoration de deux jours, le président Lech Kaczynski avait d’ailleurs offert des promotions posthumes aux 14 000 officiers identifiés. Dans la foulée, la diète polonaise votait debout et au milieu des acclamations des députés de tous bords, une « journée annuelle du souvenir des victimes du crime de Katyn » (13 avril). Preuve que les Polonais n’ont pas fini de regarder en direction de leur lourd passé. Et une clé supplémentaire pour comprendre les errements de la diplomatie russo-polonaise. Article original : http://www.journaleuropa.info/article/n400t0j0d0.html Bonjour valentin ! Ton article sur le massacre de Katyn était très interressant à lire ! Et dommage que je ne soit pas en pologne, autrement, j’aurais peu être aller pu voir ce film ! Peu être sortira-t-il en france un jour ??
En tout cas, j’attend tes prochains articles avec impatience ! Gimonet stéphanie.

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