La dentelle se modernise

Bruxelles a été le berceau historique d’une industrie dentellière particulièrement florissante. Elle est aujourd’hui « Capitale » de l’Europe et le siège de la Biennale Internationale de la Dentelle – Art Contemporain. Présentation de la Biennale Internationale de la Dentelle. “La dentellière est morte, vive le Maître-Dentellier. La dentelle traditionnelle est à la création actuelle ce que l’académisme est à l’art contemporain. Un paradigme totalement dépassé »
 Arlette Smolar-Meynaert (1938-2000), Archiviste-Conservateur de la Ville de Bruxelles, Présidente-fondatrice du Conseil Artistique. Bruxelles a été le berceau historique d’une industrie dentellière particulièrement florissante. Elle est aujourd’hui « Capitale » de l’Europe et le siège de la Biennale Internationale de la Dentelle – Art Contemporain. Cette a.s.b.l. fondée en 1982 par C. van Steyvoort a pour but de promouvoir les tendances diverses et novatrices de la dentelle contemporaine. La Biennale Internationale de la Dentelle se veut être l’équivalent du Concours Reine Élisabeth en musique. Depuis plus de 23 ans, elle défend la dentelle comme moyen d’expression parfaitement intégré à l’art contemporain. Elle organise tous les deux ans un concours international où les oeuvres présentées témoignent de l’interprétation d’artistes contemporains du concept « dentelle ». La Biennale Internationale cherche à mettre en valeur les oeuvres sélectionnées et à assurer leur rayonnement par l’organisation d’expositions dans des cadres prestigieux tant en Belgique qu’à l’étranger. Son haut degré d’exigence et sa réputation internationale sont unanimement reconnus. C’est pourquoi, ce projet innovant a reçu d’emblée le soutien de la Reine Fabiola qui remet au lauréat, lors du vernissage, le Grand Prix qui porte Son nom. Objet de l’exposition
Les oeuvres sélectionnées sont réalisées en dentelle ou au moyen de techniques assimilables à celles-ci. Elles doivent répondre à des critères de liberté de concept, de mouvement des matières, de transparence, d’occupation de l’espace et présenter un caractère d’innovation. Matériaux au choix et dimensions libres sauf la hauteur limitée à 2,50 m. Les créateurs sélectionnés affirment leur statut d’artiste et l’assument pleinement : ils conçoivent, réalisent, diffusent et confrontent leurs oeuvres au public. Le temps où la dentellière reproduisait sans cesse les mêmes motifs est bien révolu ; cette image appartient désormais au passé. La dentelle contemporaine n’est plus seulement technique, elle est devenue langage… elle s’inscrit dans le monde des arts textiles, des arts plastiques, voire de l’art conceptuel d’aujourd’hui. Et c’est cette magnifique chrysalide que l’exposition veut nous faire découvrir. Parmi les nombreuses oeuvres proposées en provenance de 25 pays, 21 oeuvres de 12 pays ont été sélectionnées par un Jury International. Les pays représentés par les oeuvres sélectionnées sont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, le Japon, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne, la Thaïlande. Les oeuvres étant jugées anonymement, l’identité des artistes ne sera révélée que le jour du vernissage. La Création La biennale de la dentelle permet une confrontation et à la fois la réévaluation de créations dentellières en les exposant dans des galeries, des musées ou encore dans des salles d’exposition réputées. La création dentellière est ainsi remise en question. Elle se détache de ses fonctions traditionnelles et s’intègre aux multiples facettes de l’art contemporain. La Formation La Biennale stimule les maîtres et artistes dentelliers créateurs à innover, à perfectionner l’art dentellier et ces tendances aussi multiples que diverses. Le Public
Le public sera confronté à l’évolution de cette dentelle de création et ce, de façon à la faire connaître tant en Belgique qu’à l’étranger. Après Bruxelles, la Biennale n’en reste pas la, elle continue son périple international. Elle s’en ira vers Allemagne au Textilmuseum, en Tchéquie au Musée des arts appliqués, à Prague, en Pologne, en Norvège, ou encore aux Etats- Unis ou au Canada. Le prochain Grand Prix Reine Fabiola de la douzième Biennale internationale de la dentelle Art Contemporain sera attribuée le 16 novembre 2006 à Tour et Taxis, Entrepôt Royal, Avenue du Port 86, à Bruxelles. A la séance académique rehaussée de la présence de sa Majesté la Reine Fabiola assistent quelques trois cents personnes, dont les ambassadeurs des pays représentés par les artistes sélectionnés ainsi que de nombreuses personnalités politiques et privées. Au cours de cette séance sont décernés les trophées les « Fuseaux de Cristal, de Bronze, d’Argent et d’Or et sa Majesté la Reine Fabiola remettra personnellement au lauréat le Grand Prix qui porte son nom. Ce Grand Prix est attribué par un jury international à un artiste novateur dont l’inspiration originale, textile dentellier et art contemporain. Il peut également reconnaître le caractère transcendant d’une oeuvre textile qui pousse l’art dentellier à se laisser porter par l’aire de la modernité. Le Grand Prix s’élève d’un montant de 3718 euros sous forme de crédit ouvert et qui permettra à l’artiste créateur d’assurer l’exposition de son oeuvre lors d’une exposition qui se donnera a Bruxelles au cours de la Biennale suivante. La Biennale de la dentelle est une exposition qui gagne à être connue et peut se voir comme le fil qui relie la dentelle classique à la dentelle moderne… Red cocktail
Une robe de cocktail en dentelle est suggérée par le piquage des épingles sur un mannequin noir classique. Les épingles font référence à la technique de la dentelle de Bruxelles. Les motifs de la robe viennent des motifs traditionnels des tapis turcs. Sur la poitrine, « l’oeil » que l’on retrouve dans de nombreuses maisons turques, cherche à éloigner les mauvais esprits. Sur le reste de la robe, il y a encore ce motif en réduction qui alterne avec un motif rouge qui symbolise la fertilité féminine. L’aspect sexy de la robe contraste avec les formes plates, asexuées du mannequin. Le message de l’artiste va également plus loin : dans certaines cultures les formes féminines ne peuvent malheureusement pas s’exprimer. Le motif de l’oeil dans cette oeuvre met également en évidence le fait que des femmes sont tenues à l’écart de la société par des membres de leur famille. L’oeil sur la robe défend aussi celle qui la porte contre les regards interdits du monde extérieur. Il s’agit d’une oeuvre, qui, sur un ton apparemment humoristique, tend à une réflexion plus profonde. Cette réflexion illustre ici l’évolution de la dentelle moderne.

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