La gratuité scolaire version celtique

« Ramenez les frais de
scolarité » titrait le
quotidien irlandais, Irish
Independent, l’un de ses articles du
29 novembre dernier. En 1995, le
gouvernement irlandais établissait
une politique de gratuité scolaire au
niveau universitaire, plus précisément
pour les cours équivalents au
premier cycle québécois. « Le
système d’études supérieures s’est
développé considérablement dans
les années 1990. Le secteur lucratif
et grandissant des hautes technologies
a, entre autres, permis de
financer l’éducation supérieure. C’était la montée du Tigre celtique
[nom donné à la République
d’Irlande lors de l’apogée de sa
croissance économique dans les
années 1990] », précise Patrick
Clancy, professeur associé au Département
de sociologie de l’Université
nationale d’Irlande à Dublin (UCD). Gratuit, oui mais… M. Clancy, dont l’un des champs
d’intérêt porte sur l’éducation
supérieure, explique que les institutions
de type universitaire sont financées à
80 % par le gouvernement, le reste
étant par les étudiants aux cycles
supérieurs (maîtrise et doctorat), les
étudiants internationaux, les dons faits
pour la recherche et par les frais administratifs
– que l’on pourrait comparer
aux frais afférents au Québec. Ces coûts
prélevés aux étudiants servent à « couvrir
les frais d’examens, d’inscriptions
et de services aux étudiants »,
lit-on sur le site Internet de l’Union des
étudiants d’Irlande (USI). On y retrouve
aussi un tableau compilant la hausse
des frais administratifs depuis plus de
dix ans. Constat : les coûts sont passés
de 190 euros (environ 275 $) en 1995,
à 800 euros (1 170 $) en 2006-2007,
une hausse de 321 %. Un fait confirmé
par Patrick Clancy.
« Bien que nous ayons un assez bon
système d’éducation tertiaire–postsecondaire
–, nos universités– collèges,
instituts technologiques- ne
peuvent pas rivaliser avec des
universités reconnues mondialement,
telles Harvard –États-Unis–ou
Oxford – Angleterre – », regrette le
professeur. Il fait cependant remarquer
que le financement de la recherche
universitaire se fait de plus en plus
courant en Irlande, ce qui contribue
a améliorer la réputation d’une université. Pas plus accessible qu’ailleurs Est-ce que la gratuité scolaire contribue
à une meilleure accessibilité aux
études ? « C’est toujours délicat de
prendre un seul élément d’un système
sans tenir compte du reste »,
affirme Jake Murdoch, professeuradjoint au département d’administration
et fondements de l’éducation à
l’Université de Montréal. « En Irlande,
l’accès aux études supérieures est
fermé, c’est-à-dire plutôt contingenté.
Qui veut bien aller à l’université
ne le peut pas nécessairement s’il
n’a pas eu de notes assez hautes
préalablement. C’est un peu comme
au Québec avec la cote R des cégeps »,
explique-t-il.
Comme l’éducation post-secondaire est
gratuite en théorie, le gouvernement n’a
pas instauré un système de prêts et
bourses comme au Québec. Il existe des
bourses au mérite ce qui implique
qu’un étudiant ayant des notes
moyennes n’ y aura jamais, ou rarement,
accès. M. Murdoch rajoute qu’il
faut aussi prendre en considération les
coûts collatéraux de l’éducation
supérieure – logement, nourriture,
livres–qui ne peuvent être défrayés par
tout le monde. « Ces facteurs vont souvent
exclure des étudiants potentiels
qui sont moins bien nantis », déplore
Colm Jordan, ancien président de l’USI
de 1998 à 2003. Et le mouvement étudiant ? Est-ce que la gratuité scolaire
irlandaise rendrait jalouse l’Association
pour une solidarité syndicale étudiante
(ASSÉ) qui milite en ce sens au
Québec ? Probablement pas. Comme
l’éducation n’est gratuite qu’en théorie
et que les coûts administratifs augmentent
sans cesse, « les étudiants
revendiquent la mise sur pied d’un
système de bourses qui égale le
“vrai” coût des études », prétend M.
Jordan. Il complète en rappelant que
« les étudiants peuvent aussi militer
pour plusieurs causes sociétales
comme le réchauffement climatique,
les conflits internationaux ou le
libre-échange ». Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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