La guerre en débat

De Marcel Ouimet à René Lévesque : les correspondants de guerre canadiens-français durant la Deuxième Guerre mondiale, Aimé-Jules Bizimana, VLB Éditeur, 2007 Aimé-Jules Bizimana, spécialiste des médias et des enjeux de communication en temps de guerre nous amène au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Une histoire qui s’entrecroise avec celles des médias canadiens en général et de Radio-Canada en particulier (crée en 1936). L’auteur nous fait vibrer aux côtés des correspondants de guerres parmi lesquels Marcel Ouimet, premier à annoncer le début de la Guerre sur les ondes et seul journaliste canadien français présent lors du Débarquement, ou encore un certain René Levesque, qui depuis Londres présente aux Français le bulletin de nouvelles de La Voix d’Amérique. Que ce soit au beau milieu des soldats sur le front normand, italien ou africain ou dans la salle de nouvelles du quartier général de Londres, aucun aspect du travail de ces journalistes n’est laissé au hasard, jusqu’au contenu de leur paquetage et des lettres à leurs familles. En 1944, sur les 300 correspondants de guerre internationaux, 22 sont canadiens. Ce sont les journalistes les plus avertis qui existaient au pays selon l’auteur. Des règlements très stricts encadraient le travail de ces envoyés spéciaux, parfois au courant avant tout le monde de secrets opérationnels pouvant faire basculer le monde. Les anecdotes ne manquent pas pour faire frémir le lecteur, comme ce 3 juin 1944 où un membre de l’Associated Press, s’entraînant à taper des dépêches, envoya par erreur l’annonce du débarquement en Normandie. La censure dont les correspondants de guerre feront l’objet a aussi pour but de ne pas nuire au moral des soldats ni au soutien de la population restée au pays. Cette entreprise d’encadrement de l’information de guerre durant la Seconde Guerre mondiale est à la base de celle que l’on connaît aujourd’hui. De plus, comme l’explique Aimé-Jules Bizimana, cette « guerre totale » rend les journalistes bien plus complices que critiques vis-à-vis des forces armées. René Lévesque dira même après la guerre : « je n’ai jamais eu l’impression qu’on mentait. Mais c’est incroyable le nombre de choses qu’on ne disait pas. » Marcel Ouimet décrivait lui sa mission comme celle d’« aider par la plume, puisque le sort a voulu que ce ne soit pas par l’épée, au succès de nos armes ». Plusieurs correspondants de guerre auront payé de leur vie la couverture de ce conflit, comme Eddy Baudry de Radio-Canada. Vêtus de l’uniforme militaire, ils seront souvent pris pour cibles. L’auteur annonce sans retenue qu’un des objectifs de son livre est de réparer le manque d’honneur rendu à ces journalistes de guerre. Au fil de la lecture de cette histoire aussi captivante que méconnue, les images des derniers téléjournaux nous viennent indubitablement à l’esprit. Une bonne façon, à travers l’histoire, de mieux comprendre notre quotidien, dans tous les sens du terme. (Thomas GERBET) L’intervention armée peut-elle être juste ? Aspects moraux et éthiques des petites guerres contre le terrorisme et les génocides (Sous la direction de Jean-François Rioux) FIDES, 2007 Cet ouvrage, en croisant les points de vue de neuf experts, se veut une introduction aux problèmes d’éthique que posent les interventions armées. Un État peut-il s’ingérer dans les affaires domestiques d’un autre dans le but de protéger des vies humaines ? Que penser de la torture, si la souffrance infligée à un individu permet de sauver un grand nombre de vies ? Telles sont les problématiques abordées dans le recueil : réflexions sur la légitimité de l’intervention armée à vocation humanitaire et sur les moyens dont elle dispose, dans un monde où le pluralisme des valeurs oblige à un scepticisme prégnant face à ce que l’Occident a toujours cru être de « bonnes intentions ». Rendre accessible au plus grand nombre les problèmes de philosophie, de politique et d’éthique des relations internationales actuelles est un véritable défi. Faire prendre conscience de la complexité des enjeux internationaux n’est pas une mince affaire. C’est chose faite avec cet ouvrage. On pourra objecter que la diversité des points de vue exposés dans le recueil ne permet aucune esquisse de solution systématique ou harmonisée face aux apories du système international. Peut-être tout simplement parce qu’il n’existe pas de consensus quant à la meilleure façon d’instaurer plus de justice sociale dans ce système. Si cette absence peut s’avérer frustrante pour le lecteur, peut-être cela signifie-t-il que l’objectif est atteint : sa conscience s’éveille. (Clément CAMION) Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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