Manifestation sans frontières

Faisant face au bâtiment, une soixantaine de manifestants sont rassemblés derrière un ruban de sécurité jaune, coincés sur la bande de gazon qui sépare le stationnement de la route. Surveillés de loin par une poignée de policiers, les manifestants tentent de faire parvenir leur message à l’intérieur du centre avec d’énormes haut-parleurs. En vain ? Pas vraiment. Quelques minutes plus tard, le cellulaire des organisateurs sonne. Ce sont des détenus qui appellent pour s’exprimer sur ce qui se passe à l’intérieur. Poya Saffari, du réseau Solidarité sans frontières, fait partie des manifestants. Le jeune homme, qui se garde au chaud sous son capuchon, affirme que les immigrants détenus le sont souvent pour des raisons arbitraires : « On retrouve des femmes, des hommes et des enfants qui y restent [détenus] pour des semaines et des mois simplement parce qu’ils ont voulu venir ici pour mieux vivre. » Le centre de détention pour immigrants, seul du genre au Québec, peut accueillir jusqu’à 120 personnes, tous immigrants sans statut ou en démarches de régularisation. Au moment de la manifestation, une quarantaine de personnes étaient à l’intérieur. D’origine iranienne, Saied Rivan est lui aussi présent. L’homme de 42 ans a séjourné au centre de détention durant quatre mois et demi en 2006, un séjour dont il garde un souvenir amer : « On est placé dans de grands dortoirs, parfois à 10 ou 15, raconte-t- il. La discipline est assez difficile. On peut être placé en cellule d’isolement pendant trois, quatre ou cinq jours pour avoir mis les pieds sur la table en regardant le téléviseur. » Détentions « préventives » Selon Érik Paradis, porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada, les immigrants détenus au Centre de Laval sont soit des personnes dont l’identité est mise en cause, soit des personnes potentiellement dangereuses pour la population ou encore qui veulent fuir le pays illégalement. Pour M. Paradis, il n’est pas question de détention arbitraire. « Chaque détention doit être justifiée devant un juge de l’immigration dès les 48 premières heures. La justification doit être refaite après une semaine et, par la suite, tous les 30 jours. » Si la plupart des détentions durent au plus quelques semaines, il arrive qu’elles s’étirent sur plusieurs mois. Le Centre retient également les immigrants en attente de leur déportation. C’est là que l’imam Saïd Jaziri a été confiné avant son retour en Tunisie le 22 octobre dernier. Pour un monde sans frontières Le militant et réfugié mexicain Oscar Carrillo, présent à la manifestation, ne croit pas au rôle préventif du Centre : « Au Canada, il y a tant de demande pour immigrer que plusieurs choisissent de travailler sans papiers. Ils contribuent à l’économie canadienne, mais on va quand même les enfermer. C’est une injustice. » Une opinion partagée par de nombreux militants présents. Une des idées véhiculées était l’abolition des frontières qui entravent la circulation des personnes les moins fortunées. « Un monde juste, c’est un monde où les gens peuvent fuir les oppressions de toutes sortes sans se faire persécuter à leur arrivée dans le pays d’accueil », conclut M. Saffari, le militant de Solidarité sans frontières. Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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