PKK : Guérilla sans frontières

Quand on s’apprête à entrer dans une ambassade à Ankara, il faut couper le moteur de sa voiture et déverrouiller les portes. Les gardes de sécurité cherchent la présence d’éventuels explosifs cachés sous la voiture ou dans le coffre. À Istanbul, c’est le même scénario lorsqu’on veut se garer dans le stationnement d’un grand hôtel ou d’un centre commercial : détecteurs de métaux et inspection des sacs. En Turquie, la présence du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, se fait sentir. Leur dernière attaque, le 7 octobre dernier a tué 13 soldats de l’armée turque dans la province de Sirnak, à la frontière irakienne. Bien que le Parti des travailleurs nie être à l’origine de l’explosion ayant eu lieu dans le quartier central bondé d’Ulus, le gouvernement est persuadé qu’il en est responsable. Cet attentat, le plus meurtrier que la capitale – jusqu’à présent épargnée – ait jamais connu, a semé une atmosphère de peur et de vigilance durant plusieurs semaines, forçant la population à éviter les endroits commerciaux et les transports en commun. Le PKK, considéré comme l’une des 30 principales organisations terroristes mondiales par le Département d’État américain, opère en Irak, en Iran, en Syrie, mais surtout en Turquie. Depuis 1984, les attentats en Turquie se répètent et plus de 30 000 personnes ont déjà succombé à cette guérilla. Les raisons qui poussent le PKK à agir sont énumérées dans le manifeste du Parti. Le document explique que « le peuple kurde existe » et « a mené une guerre de libération contre la domination étrangère », qui doit se faire par « la voie de la révolution ». Le Kurdistan n’est pas un État en soi. C’est une région qui s’étend du sud-est de la Turquie au nord-ouest de l’Irak, et du nord-ouest de l’Iran jusqu’à deux petites régions au nord de la Syrie. À l’origine, le traité de Sèvres – accord de paix entre les Alliés et l’Empire ottoman à la suite de la Première Guerre mondiale – devait prévoir la création d’un Kurdistan sur les restes de l’Empire ottoman. Cependant, le mouvement nationaliste de Mustafa Kemal Atatürk – le fondateur de la République turque – a refusé de mettre en vigueur l’accord, mettant ainsi de côté les droits des Kurdes, toujours ignorés aujourd’hui. Depuis, la région du Kurdistan demeure conflictuelle, poussant ses habitants à se réfugier massivement vers l’Europe – ils y sont environ 1,3 million, selon le Conseil de l’Europe. La répression des Kurdes commence dès la fondation de la République turque par Atatürk qui interdit les noms de familles et la langue kurdes sous peine d’emprisonnement. Aujourd’hui, des milliers de militants kurdes sont en prison et l’existence de ce peuple n’est toujours pas reconnue par l’État turc qui, paradoxalement, estime la population kurde à 12 millions d’individus. Dans les pays voisins, le peuple kurde a aussi été victime de bien pires atrocités, comme les massacres perpétrés à leur encontre en Irak, sous le régime de Saddam Hussein, dans les années 1980 et 1990. Les relations entre Ankara et le peuple kurde sont au cœur des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Depuis les élections de cet été, 24 députés proches du PKK siègent à l’Assemblée nationale après 13 ans d’exclusion. Ces députés, présentés comme étant des candidats indépendants, prônent un règlement pacifique du « problème » kurde. La présence de ces membres à l’Assemblée constitue un énorme progrès pour la mentalité politique du pays, qui refusait jusqu’à maintenant d’avoir à faire avec des partisans pro-Kurdistan. Le premier ministre Erdogan semble également enclin à évoluer face à la question. Il a déclaré en août 2005 que « le problème kurde est aussi le mien, nous allons le régler avec plus de démocratie, de droits civils, de prospérité, dans le respect des principes fondamentaux ». Aux dernières élections, les Kurdes ont soutenu en grand nombre l’AKP, le parti de Recep Erdogan, du fait des promesses de ce dernier d’appuyer l’émancipation des minorités. Le PKK restera actif jusqu’à ce que la Turquie continue de nier la légitimité des Kurdes. Avec bientôt presque un siècle d’attente pour voir l’apparition du Kurdistan réparti sur quatre territoires différents, les négociations risquent d’être difficiles. Mais les Américains ont pu compter sur l’aide des Kurdes pour pouvoir circuler au nord de l’Irak à partir de leur invasion du territoire irakien en 2003. Quant à l’UE, elle insiste sur un cessez-le-feu avec le PKK afin que la Turquie puisse compter sur son appui. L’Occident pourrait donc reprendre les discussions sur la création d’un éventuel État kurde. qui a mitraillé le minibus de Beytüssebap (province de Sirnak) ? le 29 septembre dernier, sur une route de campagne, au lieu dit  » Hemka », sur la commune Beytüssebap (province de Sirnak), un dolmus (transport en commun) tombe dans une embuscade faisant 12 morts dont un Mukhtar (chef de village) et 7 « protecteurs de village », force supplétive kurde à la solde de l’armée turque. L’attentat est immédiatement attribué aux « terroristes » du PKK par les plus hautes autorités turques, civiles et militaires, relayées en cela par la presse nationale et internationale ainsi que par le conseil de l’Europe qui, d’après une dépêche de l’AFP, « condamne sans réserve cette attaque des séparatistes kurdes « . Les Etats Unis ont également réagi dans ce sens. Immédiatement parait, dès le 1° octobre, un communiqué des forces combattantes (HPG) niant tout implication dans cet acte odieux et accusant les forces turques d’en être les auteurs, arguant du fait que les opérations militaires déclanchées par l’Etat major, en dépit du cessez-le-feu décrété unilatéralement par les kurdes, ont redoublé d’intensité dans toute la région.  » Il s’agit, d’après l’AFP, des plus lourdes pertes subies par l’armée turque depuis 1995″ (AFP 08/10/07) Un autre communiqué (01/10/07) émanant du Conseil exécutif du K.C.K. fait état de preuves mettant en cause l’armée turque dans cet attentat qu’il dénonce avec force » comme nous dénonçons toutes les attaques violentes menées contre le peuple Kurde ». Et de conclure : »Nous exigeons de l’Etat turc qu’il fasse toute la lumière sur cette opération militaire et qu’il retrouve les paramilitaires responsables de cet acte odieux ». L’association turque des droits de l’homme (IHD) (communiqué du 01/10/07) qui condamne cet acte « inhumain et cruel » comme elle s’oppose « aux exécutions extrajudiciaires par les agents de l’Etat » note que  » la région déclarée zone de sécurité voici quelques mois est sous la haute surveillance des forces de l’ordre de l’Etat qui contrôlent toutes les entrées et sorties » et que « les médias et l’opinion publique n’ont pas accès à ce jour aux informations objectives concernant l’attaque ». Une question légitime se pose donc : la presse a-t-elle été instrumentalisée ? Les députés DTP poursuivis par la haine des médias turcs qui les accusent d’être proches du PKK condamnent, eux aussi, l’attentat, reprochant au gouvernement de n’avoir pas cherché à prévenir les affrontements armés, et de n’avoir pas ouvert des négociations politiques : « il incombe au gouvernement d’adopter dans l’urgence une politique permettant de mettre fin à cette situation tendue ». Une commission d’enquête parlementaire devrait être créée. Des syndicats (comme KESK) et des associations (comme HRA, Mazlum Der, Diyarbakır Bar…) souhaitent aussi avoir l’autorisation de se rendre sur place. L’ancien député DEP Selim Sadak, compagnon d’infortune de Leila Zana et des autres députés emprisonnés, rapporte que les proches des victimes de Beytüssebap, à qui il a rendu visite, connaissent ceux qui ont massacré les leurs :  » il ne s’agit pas du PKK, ont-ils déclaré, et nous connaissons le nom des vrais auteurs ». Selim Sadak note aussi quelques faits troublants comme le survol d’un hélicoptère, l’absence de traces de balles, comme si on avait voulu effacer des indices. qui a donc mitraillé le minibus de Beytüssebap ? Des combattants du PKK ont ils eu la gâchette trop facile ? S’agit-il d’une vengeance locale ? D’une provocation des autorités ? s’interroge RAGIP DURAN, dans Libération du 08/10/07 L’AFP du 30/09/70 avait déjà son hypothèse : « Les membres du PKK détestent les « protecteurs de village » qui refusent de s’allier à eux et s’en prennent régulièrement aux familles qui rejoignent cette milice », ceci n’est plus exact (nous ne sommes plus en 1994). Dès 2004, à l’occasion des élections locales, une étude attentive des scrutins ont montré que les candidats DEHAP (parti pro kurde de l’époque) n’auraient pas été élus sans les voix des protecteurs de village et de leur famille. En 2007, dans la région de Hakkari, région particulièrement « chaude », nous avons pu également constater que les » protecteurs de village » n’étaient plus considérés comme des ennemis ( comme les JITEM, par exemple) mais plutôt comme des victimes « enrôlés de force » « obligés pour nourrir leur famille » voire, parfois, comme des « complices » ou des informateurs. Cette erreur d’appréciation de l’AFP permet une autre hypothèse : La Turquie n’aurait-elle pas, elle aussi, son « capitaine Léger », ce spécialiste des « coups tordus » organisés par l’armée française durant les guerres d’Indochine et d’Algérie ? En sacrifiant (ou en punissant ?) des « protecteurs de village », et en faisant « porter le chapeau » par le PKK, « Yuzbasi Léger » voulait-il faire coup double : susciter l’indignation internationale qui permettra à la Turquie de poursuivre les « terroristes »du PKK jusqu’au Kurdistan d’Irak et rendre plus « performantes » les forces supplétives kurdes dont l’armée a tant besoin pour ses opérations de « l’intérieur » ? Décidément, Je hais la guerre. André Métayer
Président des amitiés kurdes de Bretagne
Rennes le 10/10/2007 L’Humanisme et la Guerre font parti de notre monde, comme le Négatif et le Positif, le Bien et le Mal, l’Être et l’Avoir, le Yin et Yang … Comme on le dit souvent sans y bien penser, la vie est un combat. Aucune liberté ne serra acquise sans livrer batail. La guerre elle fait parti de notre monde actuel. Il y’a guerre car beaucoup d’entre nous se complaise le plus souvent dans leur faiblesses au lieu d’aller vers les autres. Mais cela nécessite la confiance en soit même et en l’autre. Par exemple pour quelqu’un qui est trahi, il y’aura pas de mots pour lui expliquer qu’il faut avoir confiance en ceux qui l’ont trahi. C’est l’excès de confiance qu’il faut surement éviter car elle peut aboutir à l’erreur voire des erreurs. Pourrions nous expliquer pourquoi, il y’a la guerre dans le monde. Je pense, en tout cas, qu’il convient d’expliquer pourquoi il y’a la haine et la jalousie, la calomnie, les petites trahisons… Expliquer ces petits mots du quotidien reviendrai, à mon sens, à donner une explication du pourquoi la guerre dans nos sociétés dites modernes. Evitons d’opposer guerre et humanisme, bien et mal, être et avoir … Sans la guerre quelle valeur pouvons-nous attribuer à la vague d’humanisme qui se manifeste de part et d’autre de la planete. Sans l’Humanisme, la Guerre deviendrait l’état normal des choses, c’est à dire la regle. Dans ce cas l’Humanisme serait l’exception. L’une peut donc engendrer l’autre… Dans ce cas, il est donc preferable de choisir l’exception et de donner plus d’accent plus de place à l’Humanisme…pour…un…Monde…Meilleur…l’Humanisme est la plus Grande valeur qu’un Humain peut acquerir…Les differentes guerre que l’Humanité a connu ont aussi contribué à l’évolution des consciences collectives ! L’ORDRE NAIT DU CHAO, TROP D’ORDRE ENGENDRE LE CHAO, chers lecteurs, je vous prie, dites moi qu’elle dose de ces deux faces d’une même piece de monnaie faut-il pour un monde plus juste et plus équitable pour tous… ??? Delwinde-Hermann Tapsoba Maitrise en économie, Université de Ouagadougou
Maitrise ne Économique (ULaval), à venir. Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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