Sous le chapiteau, la modernité

L’École nationale de cirque (ENC) est une institution mondialement réputée, autant pour la diversité de son programme de formation, que pour les infrastructures dont elle dispose et le nombre de ses étudiants internationaux. Le cirque d’aujourd’hui est pourtant mal connu, trop souvent considéré comme un spectacle pour enfants un peu répétitif, ou enfermé sous l’étiquette sacralisante du Cirque du Soleil. Ici, on est loin de l’image du cirque traditionnel avec clowns et animaux savants. Christophe Rousseau, directeur des communications de l’ENC, défend une approche résolument artistique de la pratique de la discipline. L’École recrute aussi bien de très jeunes candidats, avec une formation « cirque-études secondaires » dès l’âge de 9 ans, que des étudiants en études supérieures, pour devenir artistes de cirque ou formateurs. Des athlètes et des artistes En rupture avec la tradition dynastique des cirques itinérants que l’on intégrait à condition d’être de la famille, « une école d’État va chercher le talent où qu’il soit », affirme Christophe Rousseau, qui constate, dans le monde du cirque, une démocratisation comparable à celle des études à l’université. Les étudiants viennent de familles diversifiées et ont des parcours de plus en plus éclectiques. Ils sont souvent des adeptes de sports acrobatiques, mais aussi des créatifs axés sur la part artistique du cirque d’aujourd’hui. Patrick Léonard, ancien étudiant de l’École et cofondateur de la compagnie Les 7 doigts de la main, incarne cet esprit d’ouverture. Titulaire d’un baccalauréat en chimie à l’Université de Montréal, il a travaillé pendant deux ans en entreprise avant de « péter un câble » et d’intégrer l’ENC à 24 ans, avec pour seul bagage, une certaine pratique du trampoline et un gros potentiel. Christophe Rousseau confirme cette politique : bien qu’une base de spécialisation soit requise, l’École est là pour former des « athlètes et des artistes les plus polyvalents possible ». Grâce à sa réputation d’exigence et de qualité, l’ENC est en mesure de placer un grand nombre de ses 140 étudiants dans des cirques d’envergure internationale à l’issue de leur formation. Ainsi, avant de fonder leur propre compagnie, Patrick Léonard et ses six camarades ont tous travaillé pour le Cirque du Soleil. Le cirque d’aujourd’hui est donc un milieu ouvert, où les créations se multiplient au gré des rencontres et des expériences, toujours mues par le désir d’aller plus loin dans le renouvellement artistique de ce spectacle séculaire. « Le marché du cirque est très dynamique, c’est un art en devenir qui évolue beaucoup de nos jours », confirme Christophe Rousseau. D’avant-garde Selon lui, on assiste aujourd’hui à « l’émergence d’une génération qui va proposer autre chose ». Il suffit pour s’en assurer de consulter les productions des cirques québécois, qui révèlent une diversité et une modernité souvent ignorées des profanes. Ainsi, le Cirque Éloize propose sur une scène théâtrale un spectacle intense, interprété par seulement cinq artistes, actuellement en tournée en Europe. Autre exemple : le spectacle Traces présenté à la Tohu (la Cité des arts du cirque, à Montréal), à partir du 18 décembre. Il incarne une vision plus contemporaine et plus urbaine du cirque, à la frontière de la danse, du théâtre et de la musique, avec des artistes en vêtements de ville et une musique très actuelle. C’est la compagnie de Patrick Léonard, Les 7 doigts de la main, qui produit le spectacle. Selon lui, le renouvellement actuel est l’œuvre d’une génération d’artistes qui a bénéficié de l’ouverture artistique opérée par le Cirque du Soleil. Par la suite, certains, comme lui, ont voulu s’en détacher pour fonder un cirque « plus accessible, pour qu’à la fin, les gens aient l’impression de nous connaître ». Pour Christophe Rousseau, l’ENC a son rôle à jouer dans ce renouvellement des formes artistiques qui se joue aujourd’hui au cirque : « on forme des artistes qui vont pouvoir interpréter des numéros, mais qui auront aussi une vision critique de leur art, une vision d’avant-garde, pour aller plus loin ». Reconquérir un large public tout en maintenant l’exigence de qualité et d’audace artistique, c’est là un des principaux défis du cirque contemporain. École nationale de cirque : www.enc.qc.ca Traces, Les 7 Doigts de la main, à la Tohu du 18 au 31 décembre 2007. Le journal indépendant de l’Université de Montréal Quartier Libre est le principal journal des étudiants de l’Université de Montréal (UdeM). Organe de diffusion indépendant de la direction de l’UdeM, Quartier Libre est un bimensuel distribué à plus de 7000 exemplaires sur et autour du campus. Quartier Libre compte sur la collaboration de plusieurs étudiants (dans différents domaines d’étude) de l’UdeM et de quelques journalistes extérieurs. Il se veut un journal école, un tremplin pour les étudiants qui souhaitent faire carrière en journalisme et se donne comme mandat de traiter de tous les sujets chauds du campus de l’UdeM et d’ailleurs, de faire des analyses sur des thèmes de société et internationaux et de promouvoir la culture émergeante qui n’est pas ou peu couverte par les autres journaux québécois. Innovateur et dynamique, il a été nommé « meilleur journal étudiant du Canada » par Paul Wells, chroniqueur au magazine canadien Macleans. L’ensemble de la rédaction est rémunéré pour son travail. L’équipe rédactionnelle 2007-2008 est composée de Rachelle Mc Duff (directrice et rédactrice en chef), Clément Sabourin (chef de pupitre campus), Julie Delporte (chef de pupitre culture), Thomas Gerbet (chef de pupitre société-monde) et Clément de Gaulejac (directeur artistique).

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