Zimbabwe : une éternelle révolution

Cet article a été écrit par Abdul Rahman Karim, et traduit de l’anglais par Houda Souissi. La version originale est disponible ici. Les révolutions ont tendance à être uniques, établissant les moments clés qui laisseront place aux évènements à venir. Pensez aux sept décennies de communisme qui ont suivi les évènements de 1917 ou à l’ascension des forces islamiques chiites qui ont suivi la Révolution iranienne de 1979. La nature anarchique et explosive des révolutions fait souvent en sorte que, aussitôt que les objectifs de celle-ci sont atteints (consolidation du pouvoir, renversement de régime), la stabilité et un certain calme post-révolutionnaire doivent être rétablis dans le but de maintenir l’essence même de la révolution. Permettez à une révolution de se prolonger et vous vous retrouvez rapidement avec une autre sur les bras. C’est un principe que l’on semble avoir perdu de vue dans le Zimbabwe de Robert Mugabe. Sa révolution a eu lieu il y a 27 ans, lorsque le nouvel État zimbabwéen remplaça l’horrible Rhodésie de Ian Smith – mais vous ne pourriez pas le dire aujourd’hui. Les colons blancs, alors au pouvoir, prononcèrent l’indépendance de la Grande-Bretagne en 1965, refusant de laisser le pays succomber à la vague de décolonisation qui déferla sur le reste du continent. Les tentatives de répression échouèrent. Tout comme les négociations. Bien que ce soit difficile à croire aujourd’hui, Robert Mugabe fut à une époque un héros : la révolution et la lutte armée contre les colonisateurs l’ayant propulsé vers les étoiles. Les premières années du Zimbabwe, comme dans la plupart des sociétés post-révolutionnaires, n’avaient rien de rose. Une violente répression des dissidents, visant plus particulièrement la population Ndebele, mena à des milliers de morts. La consolidation du pouvoir par Mugabe résulta également en l’exil ou l’arrestation de plusieurs figures de la révolution (à la fois de son parti, le ZANU, et de l’opposition, le ZAPU). Cependant, durant la plus grande partie des années 1980, Mugabe a maintenu la stabilité et la prospérité du pays, considéré comme le « panier à pain » de l’Afrique. Une raison expliquant cette stabilité était la réputation de Mugabe. Il était le révolutionnaire qui avait délivré la nation de l’emprise du colonialisme, une figure d’émancipation, le père de la nation. La légitimité de Mugabe et son pouvoir découlaient de la révolution et il profita de cet avantage tout au long de sa présidence. Si entendre Rudy Giuliani parler à outrance du 11 septembre six ans plus tard vous rend malade, imaginez Mugabe se drapant dans la gloire d’une révolution vieille de 30 ans ! Pendant près de deux décennies, cela a remarquablement bien fonctionné. Toutefois, Mugabe commença éventuellement à perdre de son lustre. La génération plus jeune grandit bien après les évènements de 1970. Pour eux, Mugabe était un despote et son mérite en tant que révolutionnaire n’avait aucune importance maintenant que la révolution était achevée. Les chocs de l’économie néolibérale au début des années 1990 firent beaucoup de tort à l’économie tout comme les saisons de sécheresse. Avec une population de plus en plus agitée et une économie qui ne l’aidait certainement pas, Mugabe se trouvait pris au dépourvu. Qu’à cela ne tienne, si les gens n’avait rien à faire d’un révolutionnaire dans une période non révolutionnaire, la solution était simple : réintroduire la révolution. Profitant d’un monopole sur les institutions étatiques (allant des forces armées aux médias), il était facile pour Mugabe de modeler le discours public à travers le pays. Les orateurs sociaux et académiques furent formés sous les auspices de la pensée révolutionnaire de Mugabe. Désormais, seuls les révolutionnaires glorifiés étaient qualifiés pour diriger le pays ; certainement pas les « anti-révolutionnaires », qui n’étaient que les pantins de l’une ou l’autre des puissances étrangères. Mugabe força le pays à devenir plus renfermé, plus méfiant à l’égard des étrangers (alors que la communauté internationale devenait plus critique face à ses politiques violentes) et plus militarisé. Les institutions académiques de l’État furent infiltrées par des hommes à la solde du gouvernement. Tout ça ne pouvait pas mener à grand chose sans un catalyseur que constitua la saisie des terres agricoles en 2000. Affirmant que les fermiers blancs monopolisaient ces terres depuis trop longtemps (de façon disproportionnée compte tenu de leur population), il ordonna leur expropriation physique. L’ « ennemi » n’était plus une idée obscure ou un dissident quelconque, c’était maintenant un corps organisé avec un visage – et un blanc qui plus est. Il s’agissait là d’une distraction parfaite qui se révéla très utile. Mugabe n’avait que faire des terres et de leur redistribution équitable. Si cela avait été le cas, il aurait offert une compensation aux fermiers et permis une transition progressive des propriétaires afin de ne pas troubler les exportations agricoles du Zimbabwe. Au lieu de ça, il permit à des bandes de brutes du gouvernement (« vétérans de guerre ») de prendre le contrôle des terres, donnant les meilleures aux supporteurs et alliés du gouvernement. En un clin d’œil, les projecteurs n’étaient plus tournés vers l’incompétence de Mugabe, mais vers les fermiers, des voleurs à la solde des patrons étrangers. Quand la production agricole nationale dégringola, de même que le PIB et le niveau de vie, Mugabe fut forcé de trouver plus d’ennemis sur lesquels évacuer la frustration de la nation. Les malheureux désignés furent les membres du Mouvement pour le changement démocratique (MCD), une coalition d’activistes religieux, politiques et sociaux, ainsi que des membres de la société civile en déclin. Étiquetés « anti-révolutionnaires », il furent accusés d’être des agents étrangers, puis envoyés dans l’armée. Rincez, savonnez, répétez Suite aux élections de 2005, alors que le pouvoir du MDC dans les villes devenait de plus en plus inquiétant, Mugabe ordonna l’expulsion forcée de milliers de personnes, tout cela au nom d’une prétendue réforme en matière de logement (ce qui aurait été crédible si des résidences légales avaient été fournies pour remplacer celles déclarées illégales et détruites). Ce qui nous amène à aujourd’hui. Le panier à pain de l’Afrique a été vidé. L’inflation – la pire à travers le monde – ne cesse de croître. Les économies d’une vie entière n’ont plus aucune valeur, la majorité des Zimbabwéens sont sans emploi et les institutions nationales s’écroulent. La société semble incapable de gérer la crise du SIDA qui progresse rapidement dans un environnement tel que le Zimbabwe d’aujourd’hui. L’État de droit est virtuellement inexistant et le marché noir est le marché. Le ZANU au pouvoir est paralysé, pris entre les supporteurs du gouvernement qui redoutent le vide qu’occasionnerait le départ de Mugabe et les quasi-réformateurs qui craignent le courroux de Mugabe si leurs désirs venaient à être le moindrement publicisés. Mugabe passe ses journées à préparer la prochaine campagne électorale, tout en imprimant toujours davantage de billets de banque et en demandant aux commerçants de bloquer les prix. Un monde absurde qui pourrait être risible s’il n’était pas terriblement tragique. Et pendant ce temps, la révolution continue. Cet article a été écrit par Abdul Rahman Karim, et traduit de l’anglais par Houda Souissi. La version originale est disponible ici. Je suis sidéré par la capacité de certains rédacteurs comme ce Abddul Rahman Karim à déformer la vérité et nier les faits historiques eux-mêmes pour les faire coller à sa propre vision. Et je suis confondu par la légèreté d’un site qui se veut être une « Agence de Presse » de laisser passer un tel mélange comportant des parties aussi évidemment inexactes !  > Mugabe n’a pas gagné la révolution de 1979, c’est lord Soames, dépêché de Grande-Bretagne qui est devenu Gouverneur Général le 12 décembre 1979 avec le triple accord de la couronne d’angleterre, de Ian Smith et des mouvements révolutionnaires dont celui de Mugabe, qui a mis fin au régime de Ian Smith.
 > Ce n’est pas la révolution qui a institué le nouvel état du Zimbabwe, mais le Gouverneur Général qui a rédigé la constitution du futur Zimbabwe et qui a été approuvée par Ian Smith et les mouvements noirs pour servir de base au nouvel état du Zimbabwe en avril 1980. Mugabe était d’ailleurs premier ministre et non pas président de ce nouvel état. En 2000, Lord Carrington qui était ministre des affaires étrangères de GB en 1979 disait que cet accord était inespéré et que sans cet accord, il n’y aurait plus eu un seul blanc au Zimbabwe en moins de 20 ans.
 > La redistribution des terres des fermiers blancs aux fermiers noirs était écrit dans les accords de Lancaster du 21 décembre 1979 accepté par les signataires (GB, Ian Smith et mouvements noirs). Il était par ailleurs prévu que les fonds pour le dédommagement des fermiers blancs devaient venir de la GB et de la communauté internationale en échange du respect de la propriété des terres par le nouveau gouvernement.
 > Les ennuis économiques et sociaux des années 90 ne sont pas dus directement à Mugabe, mais au FMI qui a obligé le Zimbabwe à réduire sa dette publique en rendant les services publics comme l’hopital et l’éducation payants au lieu d’être gratuits. Le taux d’alphabétisation du Zimbabwe était alors de plus de 92% et le déclin économique a commencé quand Mugabe a obéi et s’est plié aux volontés du FMI.
 > La redistribution des terres des fermiers blancs aux fermiers noirs SANS COMPENSATION est due à la décision de la GB et USA de NE PAS financer la compensation lors du sommet agricole de 1996 malgré la signature des accords de Lancaster en 1979.
 > La phrase « La société semble incapable de gérer la crise du SIDA qui progresse rapidement dans un environnement tel que le Zimbabwe d’aujourd’hui » est totalement fausse, car c’est un des rares pays d’Afrique a mener une campagne forte pour la lutte contre le sida, et le deuxième (avec l’Ouganda) a avoir fait baisser le taux de prévalence du virus HIV
cf Onusida à http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol19no4/194sida.html Il est dramatique qu’un auteur qui veut essayer de faire une analyse de situation et une interprétation des faits, commence par des faits vérifiables inexacts. En tout cas, cela ne va pas l’aider à obtenir quelque chose qui tienne debout. Il est dommage qu’un site qui se veut être une Agence de Presse se complaise dans la citation ou la traduction d’articles de ce type. Autant annoncer qu’on décide aussi la porte ouverte aux articles pro négationisme qui prétendent qu’il n’y a pas eu d’holocauste dans les camps de concentration de la 2e guerre mondiale ou aux créationistes qui expliquent qu’il n’y a jamais eu d’évolution dans la nature et que les nouvelles espèces sont apparues d’un seul coup par l’unique intervention de Dieu. C’est nul. Koudou I regret that you have found my article on Mugabe to be objectionable. I think your response to my article focused on small details at the expense of the big picture. This has led to a distorted image on your behalf. 1. I find it ludicrous that you attribute the revolution to Lord Soames. Soames was a British politician who was airlifted into Zimbabwe to oversee the transitional process, a process that only came about after a violent almost two decade long liberation struggle ; a struggle within which Mugabe was a central component. Mugabe forced Smith to the table not Soames. Mugabe returned to Zimbabwe, to greet cheering crowds, and Mugabe parlayed his revolutionary credentials into an election win one year later, certainly not Lord Soames. 2. Once again, your focus on minor details derails your entire comment. Mugabes liberation (which he considered revolutionary) movement forced Smith to the negotiating table, the result of which was the birth of the modern Zimbabwean state. Within a year he was the leader. The Governer General came in, stayed for a year, prepared some paper work and then left. To think his one year in Zimbabwe’s history entitles him to the status of Zimbabwes revolutionary liberator is laughable. 3. I mentioned specifically the neo liberal economic shocks of the 1990s, as well as drought seasons. In fact I did not attribute any economic setback to Mugabe until his land seizures which without a doubt contributed to Zimbabwe’s economic collapse. I suggest more comprehensive reading, the next time you decide to make a comment. 4. The Lancaster agreements undoubtly set into place guidelines for land compensation and redistribution, guidelines that Mugabe all of a sudden almost twenty years decided to unilaterally ignore. Can you please explain this inconsistency as well as the « coincidence » that Mugabe launched such a program at the height of his oppositions strenght ? And why were the lands given to ZANU cronies, who sat idle as the land deteriorated ? 5. You make mention of the decline in HIV prevalence but fail to mention that irregardless, Zimbabwe is going through one of the worst AIDS epidemics in the world, with 20% of its adult population infected with HIV http://www.avert.org/aids-zimbabwe.htm Furthermore, I specifically said that the govt is incapable of dealing with such an issue which thrives in this environment. An environment where food cannot be afforded let alone medicine, where medical institutions are crumbling and an environment that due to political bumbling is increasingly isolated in the world. It is deplorable that you would attempt to insult both this author as well as the website because you happen to disagree with the article. And your lack of facts and understanding, further complicate matters. If it wasnt for the 2000% inflation, I could have swore you were on Mugabe’s payroll.

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