Myspace, future maison de disque mondiale

Avec plus de 132 millions d’utilisateurs, le réseau de pages personnelles sur Internet est devenu le plus grand diffuseur de musique au monde. Sa notoriété a explosé avec le succès des jeunes anglais d’Arctic Monkeys, inconnus des radios mais premiers du hit parade britannique une semaine après la sortie de leur album. Du jamais vu depuis les Beatles. Des artistes se mettent à fleurir sans l’engrais des maisons de disques. Fin de l’industrie du disque ou reconversion ? En janvier 2006, le groupe de Sheffield, mené par un gringalet de 19 ans avait pulvérisé tous les records de vente pour un premier album en Grande-Bretagne. Bouleversant le schéma classique de la diffusion musicale qui sacralise l’album et les singles, les Arctic Monkeys ont commencé par mettre en ligne gratuitement leurs chansons sur Internet. Le bouche à oreille a fait connaître leur musique. On l’a copiée et échangée. Après avoir fait quelques concerts et trouvé un label pour les signer, ils ont sorti leur premier album, accompagné d’inédits, qui s’est vendu à plus de 360 000 exemplaires la première semaine. Ils ne sont pas les seuls. Aux États-Unis, les Clap Your Hands Say Yeah ont vendu 30 000 albums juste en abreuvant Internet de leurs créations auto-produites. Avant eux, les québécois d’Arcade Fire s’étaient aussi fait un nom sans l’aide des relais habituels, publicité, passage à la radio et à la télévision, ce qui n’a pas empêché ensuite leur succès commercial. Ces groupes ont souvent la même origine : des sites communautaires, comme MySpace, où les artistes créent une page personnelle pour diffuser leurs morceaux, afficher les dates de leurs concerts, disserter sur un blog et surtout recevoir les commentaires. La page de Lily Allen, coqueluche pop anglaise de cette fin d’année qui commence à investir les scènes aux quatre coins du globe, a été consultée cinq millions de fois. Lancé en janvier 2004 aux États-Unis et racheté en août 2005 pour 580 millions de dollars par le groupe de Rupert Murdoch, MySpace, compte 132 millions d’utilisateurs dans le monde. Chaque jour, 3 318 milliards de pages sont consultées. L’internaute choisit d’écouter librement ce qu’il veut. La notoriété d’un groupe ne découle donc pas de la promotion qu’on lui fait mais de sa qualité. Pas de visée commerciale sur Myspace ? Rien n’est moins sûr… Le site appartient à un magnat de l’industrie de la presse et de la culture, qui n’a pas placé ses billes là pour rien. Actuellement, le site teste aux Etats-Unis un logiciel qui permet aux groupes de vendre directement leur musique sur leur page. Cette offre, qui concerne pour l’heure 100 000 artistes, devrait bientôt arriver en France. MySpace pourrait alors devenir une sorte de maison de disques planétaire. Lire le premier article de ce dossier Lire le dernier article de ce dossier

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